La post photographie/

par | 18 Jan 2023 | Photographie | 0 commentaires

Produire une image du réel est le but de l’invention de Niepce et Daguerre vers 1838. Cette transmission de la réalité fascine la société de leur temps. Théorisée par Roland Barthes un siècle après, la notion du « ça a été «  de Barthes, relayée par Rosalind Krauss s’impose dans les années 1970. « C’est la référence qui », souligne Barthes est « l’ordre fondateur de la photographie ». Cependant , dès le début cette notion est mise à mal par le geste créateur du photographe qui choisit le lieu, le moment et le cadrage, même dans la photographie documentaire.

La technique photographique évolue toute la fin du 19ème siècle puis au cours du 20ème siècle. La photographie argentique se développe avec un processus photochimique et dépend toujours de la prise de vue  d’un objet, d’un corps, d’une réalité même d’une trace.

Les appareils numériques apparaissent avec l’ordinateur et en 1989 le logiciel Photoshop de Adobe pénètre le marché . Avec ce logiciel, toutes les retouches sont envisageables : recadrage, colorimétrie, contraste, netteté… et jusqu’au contenu même de l’image (ajout/suppression de personnes ou d’objet, modification de l’apparence physique d’une personne, etc.). Les images peuvent être facilement sauvegardées en fichier sur un support numérique quelconque. Puis les iPhones et autres téléphones remplacent les appareils plus élaborés et permettent à tout le monde de prendre des photos facilement. Avec la création des réseaux sociaux, et la facilité des communications, nos habitudes sociales et culturelles se transforment. « Nous sommes plongés dans un nouvel ordre visuel marqué par trois facteurs principaux: La profusion et la disponibilités des images, leur immatérialité et transmissibilité, leur impact sur le savoir et la communication » écrit Joan Fontcuberta, photographe plasticien espagnol dans son livre Manifeste pour la post photographie.

 Comme on l’a vu si la réalité est à l’origine de la photographie argentique, la photographie numérique peut ne pas dépendre d’un référent, et se construire uniquement avec des pixels.

La photographie n’est plus la trace du réel et cette pratique devient pleinement fictionnelle. 

De plus, en même temps que la société évolue et devient davantage communicante, les images se multiplient sur les réseaux sociaux et peuvent être vue par le monde entier à chaque instant. Les techniques faciles de transformation des images se multiplient et permettent les fake news, et toutes les manipulations des images. Elles mettent ainsi en doute les réalités montrées dans les images en général.

Cependant de nouvelles voies de création se sont ouvertes et la confusion entre fiction et documentaire entame des mutations de l’image vers un nouveau statut Hybride, la post-photographie: la Post Photographie  dans laquelle l’artiste ne produit plus des œuvres mais des prescriptions, où le recyclage est roi, où l’artiste est à la fois le théoricien, l’historien, le conservateur, où l’interaction règne, privilégiant le partage à la possession.

Que reste-t-il alors au créateur utilisant la photographie? Fontcuerta ajoute: « sa capacité à doter la photographie d’intention et de sens, à la rendre significative, à avoir quelque chose à dire ».

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Claudia Vialaret

Claudia Vialaret

Je suis passionnée par l’histoire de la peinture et elle est souvent à le source de mes créations photographiques. Je peux trouver mon inspiration dans l’œuvre d’un peintre comme dans « Caravagesques » ou encore dans la littérature et la mythologie comme dans « Origines ». Enfin, la rencontre et l’accord entre les pratiques artistiques m’intéresse beaucoup et m‘ouvre de nombreuses possibilités d’expression : La danse est pour moi, en ce moment, une grande source d’idées.